Sujet : Règle de trois : pour ou contre ?
Bonjour à tous,
J'arrive depuis septembre dans un collège en ZEP.Tous mes
collègues de math font utiliser aux élèves la règle
de trois.Ils disent que c'est beaucoup plus facile pour les élèves
et ainsi gagnent beaucoup de temps dans leur progression. Je pense que
leur apprendre des "recettes de cuisine" ne va pas les faire réfléchir
et je préfère revenir au sens de l'égalité:
x/5=2/3 revient à 5*x/5=2/3*5
revient à
x=10/3
ou encore:
5/x=2 revient à x*5/x=2*x
revient à
5=2x
revient à
5/2=2x/2
revient à
5/2=x
Qu'en pensez-vous? Que faîtes-vous?
.....
En attendant vos réponses, bonne soirée.
Rose Minet
Ce à quoi Christophe Schneider réponds :
En gros je fais comme toi mais dès qu'un élève
a appris le produit en croix (je suppose que c'est ça la règle
de trois), il a tendance à l'utiliser quoiqu'il arrive...
Pour les 4AS ça va merci. Après les quatre opérations,
le calcul mental je fais m'attaquer à la notion de fraction. Après
les triangles, le cercle, les médiatrices cela va être au
tour de la symétrie centrale. Très sixième ce programme
n'est-ce pas ?
> En gros je fais comme toi mais dès qu'un élève
a appris le produit en croix
> (je suppose que c'est ça la règle de trois), il
a tendance à l'utiliser
> quoiqu'il arrive...
Le ministère , et son enfant chéri Meirieu, directeur de l'INRP, tapent à bras raccourci sur la vielle pédagogie et en particulier sur la Règle de trois en s'opposant aux "automaths" au nom du "sens".
Rose-Minet leur emboîte le pas et dit:
>Je pense que leur apprendre des "recettes de cuisine" ne va pas
les
>faire réfléchir et je préfère revenir
au sens de l'égalité:
La tache était plus difficile en 70 quand les enseignants connaissaient ce dont ils parlaient, c'est pourquoi la Règle de trois était INTERDITE. Maintenant, trente ans après, il y a des gens qui ne savent pas ce qu'est une Règle de trois et qui disent quand même que ce n'est pas bien. Et le ministère peut dire que "le passage obligatoire par la valeur unitaire n'aurait qu'une valeur de dressage" ( B.O. sur les futurs programmes de CM): Christophe Schneider fait partie de ceux qui ne savent pas et prennent cependant position. Il est effectif que ce qu'il prend pour la Règle de trois n'a pas de sens et fait partie des produits vantés dans les années 70 pour contrer la règle de trois. D'autre part toutes les recettes de cuisine ne sont pas toxiques.
L'astuce des sciences de l'éducation est de dégommer une méthode en disant qu'il s'agit d'un "dressage", que c'est une méthode autoritaire - dirais-tu normative O. Reboux ?- qui ne donne "pas de sens " sans parler précisément du contenu technique de cette méthode et en remplaçant cette analyse par une vague critique psycho-politique au nom de l'intelligence, du sens etc.. Et comme il est beaucoup plus facile de s'en tenir à un discours général vantant l'intelligence , le sens , ça marche car les réflexes pavloviens qui sont particulièrement mécanistes et inintelligents marchent. Ce qui pourrait sembler surprenant est que la défense hautement proclamée de l'intelligence soit en fait une défense de l'idiotie : ceux qui sont surpris par cet aspect sont ceux qui croient que c'est du Port-Salut parce que c'est écrit dessus, cad les victimes de la pub. Ignorent ils que tous les ministères ont des conseillers en communication?
Ce qui est le plus inquiétant est qu'un enseignant qui parle sans savoir induit cette forme de pensée chez ses élèves. Mais la responsabilité initiale ne doit pas retomber sur l'enseignant mais sur ceux qui l'ont formé.
Si l'on veut parler sérieusement, que Rose Minet nous traite
un problème donné - ou mieux plusieurs de type différents
liés à la proportionnalité , en fonction du niveau
des élèves- en utilisant la Règle de trois et une
autre méthode - ou plusieurs- ? Après on discute. On fait
propre pour éviter les a peu prés? Olivier Reboux peut nous
faire la même chose et montrer les avantages de ce qu'il appelle
la linéarité. Si nous sommes dans un discours "pub", que
la pub comparative soit au moins utilisée.
Pourrais-tu nous préciser d'autre part ce que tes collègues
de collège en ZEP appellent la Règle de trois, car je suis
un peu méfiant sur ce qui se cache derrière les mots. A part
ça, je n'ai pas dit que l'opposition à la règle de
trois était une position d'Allègre himself - on a des interviews
de lui d'avant qu'il soit ministre qui semblent prouver le contraire--
mais ceci n'éclaircit pas la question pourtant assez importante
de savoir dans ce cas pourquoi il fricote avec des gens qui sont globalement
contre.
Pour clarifier la situation, je vais essayer de reprendre le débat depuis le début, car c'est la manière même dont est posée la question qui règle le contenu des réponses : on va voir que cela n'est pas seulement vrai pour les élèves mais pour les profs.
At 23:03 25/10/99 +0000, you wrote:
> En gros je fais comme toi mais dès qu'un élève
a appris le produit en croix
> (je suppose que c'est ça la règle de trois), il
a tendance à l'utiliser
> quoiqu'il arrive...
La question est réglée simplement : confusion entre règle de trois et produit en croix. L'auteur de cette phrase n'y est pour rien, c'est l'école qui ne lui a pas appris. Le pb commence s'il prétend "développer l'esprit critique des enfants" ou "leur apprendre à analyser l'information": lorsque l'on a cette ambition, il faut admettre que le premier geste est un soupçon critique et, dans ce cas-là, se poser la question de savoir ce qu'est la règle de 3 pour en parler, au lieu de retransmettre sans critique le discours officiel qui ne va pas présenter les avantages d'icelle puisqu'il la critique.
> Pour les 4AS ça va merci. Après les quatre opérations,
le calcul mental je
> fais m'attaquer à la notion de fraction. Après les
triangles, le cercle, les
> médiatrices cela va être au tour de la symétrie
centrale. Très sixième ce
> programme n'est-ce pas ?
> -----Message d'origine----- >
> Date : lundi 25 octobre 1999 19:37
>> Objet : [maths] Règle de trois: pour ou contre?
>> Bonjour à tous,
>> J'arrive depuis septembre dans un collège en ZEP.
>> Tous mes collègues de math font utiliser aux élèves
la règle de trois.
Je répète ma question : que font ils exactement ?
> > Ils disent que c'est beaucoup plus facile pour les élèves
et ainsi
>> gagnent beaucoup de temps dans leur progression.
L'argument "Gagner du temps n'en est pas un en soi. On peut gagner plus de temps en transformant les élèves en singes savants qui sont capables de résoudre à merveille des problèmes spécialement conçus à cet effet. Si le sens de "gagner du temps" est "finir le programme quel que soit le degré de compréhension de l'ensemble des élèves", il faut le dire et je me passerai de l'approbation de personnes utilisant la règle de trois, - ou qqch. d'approchant-, dans ce but. En effet, on passe ainsi de l'optimisation des capacités des lèves à l'optimisation des capacités pédagogiques des enseignants. alors que le problème est de dire effectivement quel but est poursuivi dans cette optimisation. J'ai un à priori contre l'optimisation si elle signifie souvent faire le plus grand nombre de choses dans un temps donné en mettant en avant la quantité et non la qualité des résultats mais, dans certaines circonstances , l'optimisation peut être recherchée: si l'élève a compris comment et pourquoi il fait un calcul, il peut être utile de lui donner une forme d'optimisation de ce calcul, même si cette optimisation fait perdre du sens ( ex : lorsque l'on a compris le produit de 2 fractions, l'optimisation peut consister à dire que l'on peut simplifier le numérateur de l'une avec le dénominateur de l'autre)
>> Je pense que leur apprendre des "recettes de cuisine" ne va pas
les
>> faire réfléchir et je préfère revenir
au sens de l'égalité:
>> x/5=2/3 revient à 5*x/5=2/3*5
A partir de là, tout est dit et ceux qui restent dans la problématique inspirée par la manière dont est posé ce problème ne peuvent pratiquement que donner raison à celui qui le pose ainsi. La réponse est dans la question. Et personne justement n'est sorti de cette problématique pour montrer ce qu'est - ou ce qu'était -la Règle de trois. En effet, que dit rose Minet? Premièrement qu'elle est contre la Règle de trois qu'elle qualifie de "recette de cuisine". Mais elle n'oppose pas le sens de la Règle de trois et le sens de la recherche de la quatrième proportionnelle comme méthode, elle présente la méthode de quatrième proportionnelle à laquelle elle attribue ainsi le qualificatif de "non recette": je sais qu'elle ne le dit pas explicitement mais je ne pense pas qu'elle nous l'exposerait si il ne s'agissait pas pour elle d'une "non-recette".
L'explicitation du "problème" commence à :
> x/5 = 2/3
Je suis désolé, il ne s'agit pas d'un "problème"
mais mais de la méthode de résolution de l'équation
x/2 = 5/3 ou , si l'on veut du problème consistant à trouver
la quatrième proportionnelle lorsque l'on connait les trois autres
membres de la proportion. S'il y a problème et si se pose FONDAMENTALEMENT
le problème du "sens", c'est entre le moment ou l'élève
lit un énoncé et le moment ou il arrive à la formulation
mathématique de ce problème.
Deux remarques :
1) si j'ai dit fondamentalement, c'est parce que se pose aussi le problème du sens , - mais pas le sens du rapport entre la réalité décrite dans le problème et sa formulation mathématique- , lorsque l'élève traite la partie mathématique du calcul : il s'agit plutôt du sens que l'élève met dans chaque opération et dans leurs enchaînements, cad en qq sorte le "sens du calcul".
2) la question fondamentale du sens n'existe pas dans la formulation donnée car le problème n'existe pas.
Je ne serai donc pas méchant en disant que Rose Minet, après
avoir critiqué les recettes de cuisine nous donne un démonstration
de recettes de cuisine dans le calcul car je pense que les recettes de
cuisine dans le calcul sont aussi bonnes à prendre. Mais l'exemple
donné n'est d'aucune utilité sur ce qui est fondamental pour
s'opposer aux recettes de cuisine dans ce qu'elles auraient de mauvais
. Et de la même maniéré que les maths modernes prétendaient
résoudre le passage de l'abstrait au concret en commençant
par l'abstrait, RM prétend aussi "donner du sens" et s'opposer aux
"recettes de cuisine" en omettant l'étape ou le sens se pose de
la manière la plus aiguë : celui de la mathématisation
du problème. En niant l'étape , on résous plus facilement
les problèmes qu'elle pose.
> revient à x=10/3
> ou encore:
> 5/x=2 revient à x*5/x=2*x
> revient à 5=2x
> revient à 5/2=2x/2
> revient à 5/2=x
> Qu'en pensez-vous? Que faîtes-vous?
J'en pense qu'il peut y avoir débat sur les diverses manières de passer de x/5 = 2/3 à x=10/3 mais que ce n'est pas la "question du sens"
Les réponses données à Rose Minet :
Comme elles ne remettent pas en cause la problématique - au
sens étymologique : manière de poser un problème-
de RM , elles ne peuvent faire autrement que de rester dans le faux-débat
par rapport au titre même du message :"Règle de trois : pour
ou contre".
Je reviens à la manière dont j'avais posé le
problème :
> Si l'on veut parler sérieusement, que Rose Minet nous traite
un problème
> donné - ou mieux plusieurs de type différents liés
à la proportionnalité , en
> fonction du niveau des élèves- en utilisant la Règle
de trois et une autre
> méthode - ou plusieurs- ? Après on discute.
Je maintiens ma méthode que je continue à la considérer comme sérieuse: on traitera un PROBLEME, ce mot ayant un sens en mathématiques.
L'ensemble des intervenants soit intervient sur le calcul soit donne une position sur la Règle de trois que je peux trouver favorable mais qui n'est d'aucune utilité sur la liste ou il semble bien qu'un certain pourcentage , ou une certaine fraction, ne connait pas la Règle de trois. Mais l'imprécision du débat fait que cela produit à mon sens certaines erreurs.
a) D'abord, à tout looser, tout honneur, Bernard Delaplace:
Globalement, je suis d'accord mais pourquoi ne pas traiter le pb
de la Règle de trois : tu donnes du sens au calcul en montrant que
les automatismes y sont aussi utiles . Mais pourquoi ne pas expliciter
ta phrase tout à fait juste:
" Ici, je ne crois pas qu'une approche algébrique
soit plus efficace ni porteuse de sens qu'une approche arithmétique".
Parce que le débat est justement là.
b) Francis Dupuy :
Tout le problème est dans la phrase " Mais il arrive
aussi un moment où il faut arrêter de se l'interdire !
", alors que nous sommes dans une situation ou les directives dominantes
disent justement que le faire systématiquement serait une "preuve
de dressage". La question de fonds est au contraire de préciser
quand c'est obligatoire justement parce que c'est plus porteur de sens
que TOUTES les autres méthodes.
A part ça , il y a aura effectivement des cas ou un élève
ne supportera pas la Règle de trois parce que son inconscient le
paralyse parce qu'il a un mauvais rapport avec soit une Règle soit
qqch qui a à voir avec trois . Je ne nie pas que ces cas existent
mais ils n'ont pas à rentrer - comme d'innombrables autres cas particuliers
- dans l'élaboration d'une progression. Ils peuvent être traités
dans le "travail individualisé" avec les élèves et
en liaison avec un thérapeute compétent parce que l'on touche
là en général des problèmes avec lesquels il
ne faut pas faire n'importe quoi .
Vous comprendrez donc pourquoi le travail individualisé tel
qu'il est recommandé me semble suspect dans son fonction non-dite
qui est de réparer l'illogisme des progressions qui provoquent des
dégâts massifs : là, la solution est de passer à
des progressions qui se tiennent qui produiront certes des incompréhensions
chez certains mais en moins grand nombre. Ce qui permettra à son
tour de poser la véritable dimension du travail individualisé
( entre dans ce cas certains de mes élèves qui ne réussissent
pas pour pouvoir aller en soutien par exemple).
c) loboloco :
[ après le loup des plaines, vive le lou fou - excuse mais ça me tentait, d'autant plus qu'un des meilleurs morceaux de musique enregistré à mon sens est "Un poco loco" de Bud Powell ]
"Il y a plusieurs manières de présenter la proportionnalité,
et chaque prof a sa préférence"
Non : le travail envers les élèves ne doit pas dépendre
principalement de la préférence du prof mais des connaissances
qu'ont les élèves à qui il fait cours.Actuellement,
on a une liberté folle; car vu le manque connaissance des élèves
par rapport à une compréhension du sens de ce qu'ils ont
à faire - et avec [ malgré] des programmes demandant de moins
en moins de compétences -, on pourrait passer l'année entière
de quatrième à viser - et non pas à "réviser"
- les compétences requises pour passer en quatrième. Et quand
on entends les profs de seconde, on s'aperçoit - mais on pouvait
s'en douter - qu'ils pourraient passer l'année complète à
refaire les programmes du CM à la troisième. Mais cette liberté
m'emmerde et je pense qu'il serait beaucoup plus souhaitable que j'ai moins
de liberté . Lorsque tu dis qu'il faudrait que chaque élève
puisse choisir la méthode idéale pour lui, je reviens à
ma méthodologie : la difficulté ne se pose pas pour l'élève
qui a toutes les méthodes, mais dans les domaines suivants
1) comment enseigner les rudiments de la proportionnalité
2) quel méthode doit-il utiliser lorsqu'il s'aperçoit
que "ça cloche".
A mon avis et globalement, - mais il peut y avoir certes des contre-exemples que je suis prés à analyser de concert avec ceux qui le veulent bien- , la meilleure solution dans les deux cas est la Règle de trois. On y va donc sur un problème:
LE PROBLEME!!!!!!
Je propose comme problème :
5 kg de patates coûtent 15 F. Quel est le prix de 7 kg de
la même denrée?
A ) REMARQUES :
1) Je sais que je prends des valeurs ou ça tombe juste, mais je me place dans une phase d'apprentissage et je ne vais pas foutre le bordel. Je reçois cependant toutes les réclamations.
2) Ca, c'est un PROBLEME; simple certes mais c'est à partir du simple que l'on explique le compliqué.
3) Je saute l'étape qui permets de s'assurer qu'il s'agit
bien d'un pb de proportionnalité et qu'il ne s'agit ni d'un problème
de non -proportionnalité ni d'un pb de proportionnalité inverse.
Les autres méthodes ne permettent pas de résoudre cette question
: je suis donc à égalité. avec une petite avance car
, s'il s'agit de proportionnalité inverse et composée, les
autres méthodes sont dans le vent ( j'ai donc un avantage de généralité
- et les élèves aussi - même avant de commencer!).
S'il s'agit de proportionnalité composée, l'avantage
est même immense car la méthode algébrique est très
lourde avec, entre autres, introduction de plusieurs variables qui se simplifient,
ce qui fait que le problème n'est accessible - par la méthode
algébrique - qu'en fin de troisième et pour d'excellents
élèves , alors que la proportionnalité composée
est, en arithmétique, accessible dés le CM2.
4) Les "pré requis" ( autrement dit la place dans la progression)
sont minimums: bonne connaissance des 4 opérations; pas de connaissances
des fractions.
La tendance à parler de "pré requis" au lieu de "place
dans la progression" tient au fait que la place de l'élève
dans la progression n'a plus de sens ( hi!hi!) car
a) on fait passer à tire larigo(?) dans la classe supérieureB) ANALYSE :
b) la notion de pédagogie par projet détruit la notion de progression car c'est le contenu du projet qui détermine les pré requis et non la place dans la progression.
c) la logique de la progression officielle permets elle-même d'avancer sans avoir compris tout en donnant l'impression de comprendre si les exercices sont convenablement choisis ( on peut citer comme exemples de ce foirage justement la progression sur la proportionnalité et celle de géométrie): d'ou l'insistance sur la "remédiation individualisée"
d) Le fait de savoir qu'un élève est , par exemple, en cinquième ne donne donc aucune indication sur ses capacités
Ceci dit, voila comment ça se passe avec la règle de trois :
Si 5 kg de patates coûtent 15 F, ( Etape 1)
1 kg de patates coûte 5 fois moins , cad 15 F: 5 = 3 F (Etape
2)
et 7 kg de patates coûtent 7 fois plus , cad 7 x 3 F = 21
F.( Etape 3)
Reprenons:
a) Etape 1 :Rédaction : "Si 5 kg de patates coûtent 15 F "
L'élève répète, non pas dans un langage
mathématique, mais dans sa langue maternelle qui est la plus porteuse
de sens, le contenu d'une information donnée dans le problème.
On peut ainsi vérifier ce qu'il dit et non pas le supputer comme
dans le cas des autres méthodes car , dans les autres, il y a toujours
un minimum de formalisme mathématique et l'on n'a dans ce cas, sous
les yeux , que la manière dont l'élève a transcrit
sa pensée dans un formalisme.
Si l'élève à écrit "Si 5 kg de patates
coûtent 7 F ou 7 kg", l'erreur est plus facile à discuter
que s'il a écrit x/7 = 5/15 dans le formalisme de la quatrième
proportionnelle - avec introduction d'une inconnue- ou que dans tout autre
méthode. J'attends de pied ferme les objections et les contre-exemples.
b) Etape 2 : Rédaction de la phrase "1 kg de patates coûte
5 fois moins, cad 15 F : 5 = 3 F"
1) Rédaction :" 1 kg de patates coûte 5 fois moins"Alors que j'ai déjà entendu des inspecteurs me dire qu'il ne fallait pas dire " cinq fois moins" car cela entraînait une confusion avec la soustraction, je maintiens le "cinq fois moins" car
1a) si l'on admets que l'élève comprend le "sens de l'opération" - ce qui est la "manie officielle" mais qui n'est qu'une manie car elle recommande justement les automatismes là ou il n'en faut pas alors qu'elle les interdit là ou ils sont nécessaires- , il saisit TRES BIEN que diviser par cinq, c'est trouver le qqch que l'on doit soustraire cinq fois de suite. Les recommandations de mon inspecteurs visaient donc à s'appuyer sur l'automatisme " moins = soustraction" au lieu de s'efforcer de faire comprendre aux élèves que "moins", comme tous les mots, a un sens qui dépend du contexte et, en ce cas précis , il faut leur apprendre d'autant plus à regarder le contexte.2) Rédaction: "cad 15 F : 5 = 3 F "1b) si l'on suppose que l'élève ne comprends pas le sens de l'opération, nous conseillerait-on d'utiliser un automathisme honni? la réponse est que l'on décide en fonction de l'âge et d'autres facteurs si il faut revenir au sens de l'opération ou si l'on doit donner l'automatisme "5 fois moins " = divisé par 5. Par contre, il faut remarquer que, si ce moins passe au sens de la division, on a une bonne base plus tard pour parler du lien entre les puissances négatives et la division.
1c) Si on dit 5 fois moins en français parce que ça a du sens , l'État va-t-il l'interdire parce que ça entraîne des faux sens dans un "savoir scolaire" qui n'en est d'ailleurs pas un.
A condition de noter les unités on apprend une information QUI DONNE DU SENS: 1 kg de patates coûte 3 F. Et ça, ça a du sens , en tout cas beaucoup plus que le fait de dire que 5 Kg coûte 15F ou n'importe quel calcul intermédiaire dans une autre méthode. Si un élève trouve un résultat invraisemblable, il a plus de chances de le comprendre sur la valeur unitaire que sur une autre valeur : moi aussi , d'ailleurs et même les super-marchés l'ont compris puisque l'on affiche, pour comparer, le prix unitaire justement.Y-a-t-il des objections?. Et c'est là que les rédacteurs des nouveaux programmes du primaire introduisent la règle de trois et disent que "PASSER SYSTEMATIQUEMENT PAR LA VALEUR UNITAIRE SERAIT SIGNE D'UN DRESSAGE N'AYANT AUCUNE VALEUR EDUCATIVE" . Il est dommage que les thuriféraires "du sens " disent que passer par l'étape qui donne le plus de sens soit du dressage sans signaler justement les avantages de la Règle de trois qu'ils définissent de manière restrictive par le passage à l'unité ( qui est un de ses avantages mais pas le seul comme mon texte le montre.. Du dressage au sens ?( allez voir sur le site du ministère, le texte est croquignolet, mais j'y reviendrai au moins sur un point ou c'est mathématiquement faux, le reste étant de la même eau). Pour le sens , que ces messieurs disent ce qui a plus de sens que de donner la valeur unitaire ? Car un des aspects par lequel l'opération prend le plus de sens est justement son résultat.
c) Etape 3 : "Rédaction :"et 7 kg de patates coûtent 7 fois plus , cad 7 x 3 F = 21 F"
Mêmes remarques que précédemment sur " 7 fois
plus".
C) CONCLUSION
Résumons nous :
1) La règle de trois est celle qui réalise la maximisation - dans les conditions que j'ai définies au début- du sens car le maximum de la rédaction du problème est écrit en français, cad dans la forme qui donne le plus de sens. Le fait de faire un tableau donne beaucoup moins de sens car il n'est pas explicite lorsque l'on écrit sur la même ligne 5 et 15 que 5 kg coûtent 15 F, en tout cas moins que si c'est explicitement ECRIT car le fait d'écrire deux nombres sur la même ligne ne donne pas le "mot de liaison", cad effectivement le sens qui relie les deux grandeurs.
2) La Rédaction en "fois moins" ou "fois plus" est elle même génératrice de sens pour le moment ou l'on traite le problème et, par l'application répétée de cette méthode, pour l'avenir de tout ce qui est lié à l'exponentiation et aux logarithmes , avec une liaison fidèle entre la langue et les mathématiques. Je reviendrais la dessus sur le pb du "sens " des opérations.
3) Elle est la seule qui passe par la valeur unitaire et c'est cette valeur unitaire qui, en tant que symbolisme mathématique, a le plus de sens pour nous, pauvres êtres humains.
4) Je ne peux pas aborder la question des unités car c'est
un peu compliqué - c'est un des pb qui est derrière l'idée
des multiplications qui ne sont pas commutatives car elles ne sont pas
des lois de composition interne-, je vous ferais donc ça quand je
finirais la série des MR. Mais il s'agit là peut-être
de l'argument le plus fondamental en faveur de la Règle de trois.
Je préfère ne pas l'aborder de crainte de ne pas être
compris.
LE BO sur les nouveaux programmes du primaire et la règle de trois
Quelques remarques sur le B.O. spécial sur les nouveaux programmes
du primaire:
( http://www.education.gouv.fr/bo/1999/special7/math.htm)
Je me limiterais non pas à la proportionnalité - ça serait trop long - mais à ce qui, dans la proportionnalité traite de la règle de trois. Voila la partie du texte qui nous intéresse avec mes commentaires entre [ ]:
"
[ C'est le titre du paragraphe, même s'il ne correspond pas au contenu]IDENTIFICATION DES SITUATIONS DE PROPORTIONNALITE
L'objectif prioritaire est d'apprendre à identifier les situations de proportionnalité. Les situations de proportionnalité sont les seules situations pour lesquelles un seul couple de données (par exemple, une quantité et le prix correspondant) détermine toute l'information.
[ Ca commence bien: une définition de la proportionnalité
- présentée comme caractéristique puisque ce sont
les "seules situations " et puisqu'il est clairement dit juste au
dessus que "l'objectif prioritaire est d'apprendre à identifier
les situations de proportionnalité" - qui malheureusement n'en
est pas une: donc avec l'arme fatale de l'inspection - ou des concepteurs
des programmes que défendra l'inspection -, on ne peut justement
pas distinguer une situation de proportionnalité de ce qui ne l'est
pas. En effet, la simple situation suivante : "12 personnes partagent un
repas qui dure 3 heures" , situation ou "un seul couple de données
détermine toute l'information" n'est pas une situation de proportionnalité.
Donc, pour une première fois, les rédacteurs des programmes
peuvent aller se mettre au piquet!
Parce que si je ne souhaite pas le dressage des élèves,
il me semble qu'il faut dresser l'engeance rédactrice car elle en
a un rude besoin. ]
Si on connaît le prix de 3 m de tissu, on peut trouver le prix de n'importe quel métrage en passant par la valeur unitaire (c'est la règle de trois). Mais il demeure utile de présenter aux élèves les économies de calcul possibles dans le cadre de ces situations répétitives
[ Qu'est ce à dire ? Si il y a un pb répétitif
- on connait le prix de 3 m de tissu et il faut calculer successivement
le prix de 2m, 7m, 8m, 9 m, 10 m , 17 m, 18 m etc.., c'est justement la
Règle de trois , avec passage par la valeur unitaire, qui est la
plus "économique" et il n' y a que dans des cas particuliers que
la Règle de trois n'est pas la plus économique. D'autre part
la question de "l'économie" n'a , en général et sauf
cas particulier, pas de place dans la période d'apprentissage d'une
notion : car , en pédagogie contrairement aux endroits ou il faut
produire le plus rapidement en dépensant le moins, on a besoin de
temps, de répétition et de sens]
: si on connaît le prix de 3 m, on peut trouver celui de 6 m, 9 m, 12 m... sans passer par la valeur unitaire
[ si le pb posé ne vise pas l'apprentissage fondamental de
la proportionnalité, s'il est construit seulement pour monter qu'il
y a mieux que la Règle de trois, s'il s'agit d'un cas particulier
construit "ad usum" et si, en fait, l'unité de vente du drap est
3 m, il est bien effectif que la règle de trois est inutile puisque
le passage à l'unité est déjà donné,
c'est le prix de 3m de drap.
Si l'on dit : "Les patates sont vendues par paquet de 5kg, quel
le prix de 10 kg, 15 kg, 20kg..?", il serait effectivement absurde de calculer
le prix d'un kg ( sauf s'il y a un autre conditionnement d'une autre marque
pour pouvoir comparer).
Encore une fois, au coin, au piquet ! Deux fois en cinq lignes.
vous aggravez votre cas]
, et si on connaît à la fois le prix de 3 m et celui de 5 m, on a directement le prix de 8 m, on utilisera la règle de trois.
[ Rétablissons la faute de frappe qui n'a pas été
corrigé: les rédacteurs veulent dire :" On N'utilisera PAS
la Règle de trois", autrement c'est débile. Et de toutes
façons le fait d'indiquer des situations ou il ne faut pas employer
la Règle de trois va beaucoup plus dans le sens de la conclusion
sur le "dressage honni". Maintenant, les auteurs nous donnent UN EXEMPLE
DE PLUS OU IL NE FAUT PAS UTILISER LA Règle DE TROIS .
Ca s'appelle un cas particulier et le mieux est de traiter ce genre
de problème au moment de l'addition et de faire remarquer aux,élèves
que, pour la Règle de trois comme de tout autre outil, dans des
cas particuliers, ce n'est pas la peine d'utiliser un marteau-piqueur si
un cure-dent suffit.
Mais il est de meilleure facture, quand on veut absolument montrer
que la Règle de trois n'est pas si bien que ça, d'impliquer
la Règle de trois pour la mettre dans une mauvaise posture.
En fait la question de fond pourrait être rédigée
sous la forme suivante : "On n'a pas besoin d'utiliser la proportionnalité
si l'addition suffit". Mais ne pas impliquer la Règle de trois dans
une action néfaste signifierait reconnaître, pour les vieux
grigous et les jeunes loups aux dents longues qui ont été
coopté par les premiers, que la suppression de l'apprentissage de
la Règle de trois était une ânerie dont ils étaient
les auteurs. Et ça , un chef fier de son autorité et plein
de morgue, dopé aux "sciences cognitives" ne le fait pas.
Troisième fois au piquet en 6 lignes}
Passer systématiquement par la valeur unitaire serait signe d'un dressage n'ayant aucune valeur éducative.
[ Je n'y reviens que très brièvement : la formulation
suivante me plairait plus " Utiliser systématiquement la proportionnalité
alors que l'on peut se contenter de l'addition et de la multiplication
serait une preuve de pédantisme".
Il faut dire que ma formulation n'est doublement pas satisfaisante
car
1) elle ne remets pas en cause la Règle de trois
2) historiquement - et j'ai des souvenirs et des écrits -,
on a beaucoup mis en avant "la compréhension et le sens de la proportionnalité
" contre, justement, la Règle de trois.
3) Les rédacteurs se croient originaux et croient critiquer
les anciennes méthodes. Malhuereusement pour eux :
Manuel de CM / Cours Supérieur de X.et O. Morteux ( 1932):
"La méthode de réduction à l'unité est
d'un emploi facile; mais si on l'applique machinalement, elle peut conduire
à des résultats trop longs ou même absurdes"(Page 128
)
Suivent des exemples de résultats absurdes, ce que les modernes,
prés de 70 ans aprés, ne sont même pas capables d'exhiber.]
Afin de ne pas mêler deux notions nouvelles, on se limite à des exemples utilisant les nombres entiers déjà familiers aux élèves.
[ Je suis dans la norme et je suis aussi dans la norme dans le cas ou " ça cloche" pour repérer les erreurs]
Il importe de montrer aussi des contre-exemples : en particulier on aidera les élèves à écarter la proportionnalité dans les situations où elle ne s'applique pas
[ Regardez bien la formulation : la proportionnalité plane
dans les airs et elle s'applique ou ne s'applique pas. On reconnaît
là le fondement même du placage de la "structure mathématique"
sur la réalité non-mathématique. Mais je serais plus
explicite plus tard car on sort du domaine de la Règle de trois]
(prix d'objets vendus en lot inférieur au prix d'un objet vendu seul). On évitera de recourir artificiellement à la proportionnalité lorsqu'une simple division répond à la question posée.
[ Si vous aviez dit la même chose pour l'addition et la multiplication,
ça n'aurait pas permis d'attaquer la Règle de trois .
Voulez-vous que je reformule pour attaquer la Règle de trois
? A votre service.
Attention:Vrai-Faux texte de la commission des programmes:
" Si l'on connait le prix de 12 m de drap et qu'il faut calculer
le prix de 2m , 3 m, 4m , 6m, ce serait un dressage sans valeur éducative
d'imposer le calcul du prix unitaire. "Ca vous va?
La question raisonnable que l'on peut alors se poser est la raison
du manque de cohérence même dans l'envie de nuire et le fait
de placer la division dans une situation à part.
Or quelle est la "définition de la proportionnalité"
ou
ce qui était donné comme telle qui fait intervenir l'addition,
la multiplication et, -à la limite - la soustraction , mais jamais
la division et qui ne passe pas par la valeur unitaire?
Vous y êtes: c'est la définition axiomatique des fonctions
linéaires
Elles ont deux propriétés: 1) additivité :
f(x) + f( y)
2) multiplication par k: f (kx) = k f(x)
On ajoutait quelquefois le fait que la fonction linéaire
"respectait" la soustraction, car -comme la définition de l'application
linéaire d'un A-module E dans un A-module F est : pour tous les
(x , y) de EXE et pour tous les (a, b) de AXA, f( ax + by) = a f(x) + b
f(y) -, il suffisait de poser a= 1 et b= -1 pour prouver que f( x- y) =
f(x) - f(y).
Mais l'essentiel restait les deux propriétés qui sont
cités pour minimiser l'importance pédagogique de la Règle
de trois tandis que n'était jamais cité f(x : k) = f(x) :
k; ce qui fait que ces messieurs regardent toujours l'apprentissage de
la proportionnalité au travers de la lentille déformante
du formalisme des maths modernes , dont on n'est donc toujours pas débarrassé
et qui n'apporte aucun sens si ce n'est un sens interne aux mathématiques
. Ce sens PEUT être un objectif mais n'est pas l'objectif essentiel
si l'on veut que les élèves sachent résoudre des problèmes
lorsqu'ils savent que l'on a des "grandeurs proportionnelles"; ce qui est
un objectif beaucoup moins ambitieux que l'objectif annoncé " Identification
des situations de proportionnalité" mais qui serait déjà
un progrès en clarification d'objectif par rapport à la situation
actuelle]
Enfin, la proportionnalité ne sera pas liée aux
échelles et aux pourcentages durant la scolarité élémentaire.
Ce sera fait au collège, lorsque la définition du lien proportionnel
entre deux grandeurs sera donnée.
[ On attends avec impatience mais on se demande comment on peut "identifier
des situations de proportionnalité" si quelque chose de beaucoup
plus simple, qui est la "définition du lien proportionnel entre
deux grandeurs" n'est pas donné. D'autant plus que le critère
donné n'en est pas un.
Ce coup-ci, au coin et fessée cul nu]
"
Il est tard, j'ai passé l'après midi la-dessus et
1) j'ai à finir mon truc sur la multiplication , qui, si
l'on se réfère à la notion de progression, est avant
la Règle de trois. La dedans , je proposerai même une méthode
basée sur les grands classiques mais qui les améliore car
on ne peut innover que si l'on se place dans la continuité du savoir
humain. et même avec un peu de réflexion sur les apports des
maths modernes à condition de les débarrasser de leur fausse
problématique pédagogique et philosophique.
2) je finis mon autre truc sur le calcul. Je n'ai pas pris le courrier
depuis hier pour ne pas être tenté de répondre.
A+
"Bachelard : Il faut comprendre pour mesurer et non mesurer pour comprendre"
Michel DELORD (33)556687116
Email :
m-delord@mail.dotcom.fr ( vraie machine : delord@quaternet.fr)
michel.delord@free.fr
Ps : Ce texte n'a pas la forme exacte du texte original - qui a
été écrit d'un jet- car j'ai
- corrigé quelques fautes d'orthographe
- rectifié quelques phrases bancales et un peu structuré
le texte
-